Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur- Harper Lee

« Les moqueurs ne font rien d’autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur cœur. Voilà pourquoi c’est un péché de tuer un oiseau moqueur. »

Dans l’Alabama des années 30, Atticus Finch, avocat et homme d’une grande intégrité, élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. C’est à travers les yeux de la petite Scout que l’on découvre toutes les facettes des habitants de la petite ville de Maycomb, sans préjugés, mais avec beaucoup de compréhension et non pas de naïveté, mais de bienveillance.

Écrit avec une grande tendresse, c’est un véritable roman d’apprentissage, dans lequel l’innocence de l’enfance est confrontée à la violence, au racisme et aux préjugés de la société du sud des États-Unis. Au début du roman, les deux enfants sont persuadés de la bonté de tous leurs voisins, mais plus le temps passe et plus leur confiance est ébranlée par des petites mesquineries du quotidien. Leurs doutes atteignent leur apogée lors du procès dans lequel Atticus défend un Noir accusé d’avoir violé une femme blanche, alors que la vérité semble sauter aux yeux, et que tout le monde semble aveuglé par la haine. La plaidoirie d’Atticus est d’une incroyable justesse, méthodique et implacable, et son comportement avec ses enfants tout au long du livre en fait une véritable ode à l’éducation et à la transmission. La complexité et la bonté de certains personnages, opposée à la simplicité et la noirceur d’âmes de certains autres, offre un nuancier des différentes personnalités du sud des États-Unis. L’auteure prend la peine de défaire un à un les préjugés et la vision manichéenne que projette cette région.

« La bruine qui tombait rendait indistincte la lumière des réverbères. En rentrant à la maison, je me sentis très vieille mais, lorsque je regardai le bout de mon nez, je vis de fines perles de brume, malheureusement loucher ainsi me donna le vertige et j’arrêtai. […] En rentrant à la maison, je pensai que Jem et moi allions encore grandir, mais qu’il ne nous restait pas grand-chose à apprendre, à part l’algèbre, peut-être. »

C’est un roman magistral, un classique essentiel, empreint de nostalgie et de l’atmosphère suffocante de l’Alabama, éclairé et porté par des personnages surprenants et touchants, comme Dill, le petit voisin, Boo Radley, le fantôme d’à côté, mythe effrayant et rassurant à la fois, la tante Alexandra, grande dame pleine de manières et de convenances mais aussi compréhensive et aimante, Calpurnia, la bonne noire qui tient la maison et est une figure maternelle pour les enfants, autoritaire et présente, ou encore miss Maudie, la voisine d’en face, malicieuse et au caractère bien trempé. Ce groupe de personnages réconcilie avec l’humanité, et offre un soutient aux deux enfants, qui leur permet de grandir en surmontant les injustices qui les entourent.

« On ne se pressait pas, car on n’avait nulle part où aller, rien à acheter et pas d’argent à dépenser, rien à voir au-delà du comté de Maycomb. Pourtant, c’était une période de vague optimisme pour certains: le comté venait d’apprendre qu’il n’avait à avoir peur que de la peur elle-même.. »

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