Rosa Candida- Auður Ava Ólafsdóttir

Rosa Candida est l’histoire d’un jeune islandais de 22 ans, ayant récemment perdu sa mère, et étant plus récemment encore devenu accidentellement le papa d’une petite fille du nom de Flora Sol. Le jeune homme, passionné de jardinage et en pleine recherche intérieure, quitte sa famille pour aller travailler dans la roseraie historique d’un monastère du continent. Dans ce voyage il emporte avec lui un plant de Rosa Candida, variété de roses qu’il cultivait avec sa mère, dans leur serre. C’est dans cette roseraie qu’il achèvera ce voyage et cette recherche, mais de manière assez inattendue. L’intrigue peut être divisée en deux parties: le voyage, et l’arrivée au monastère, qui marque le moment où le narrateur commence à se trouver.

J’ai beaucoup aimé ce roman très atypique ! Pour moi, il faut avant tout le comprendre comme un roman d’initiation, où l’apprentissage, le processus que doit suivre le personnage pour devenir un homme, est étroitement mêlé au deuil et à la reconstruction. C’est un roman très riche, constitué de nombreuses couches et clés de lecture. Il y a tout d’abord les pensées obsessionnelles du personnage: la mort et le corps, et qui sont présents symboliquement à plusieurs reprises.
Il y a aussi les thèmes omniprésents dans la vie du narrateur, qui le définissent, mais auxquelles il ne prête, dans un premier temps, pas assez attention. Tout d’abord le jardinage, qui le lie profondément à sa mère. La phrase « il faut cultiver son jardin » résonne particulièrement dans ce roman. Il y a également la cuisine, qui occupe une place discrète mais centrale dans le roman. Ce thème est lui aussi empreint de la présence (ou plutôt de l’absence) de la mère, car ce sont ses carnets de recettes que père et fils s’efforcent de comprendre et de décortiquer, comme s’ils y recherchaient un ultime message de la mère. Le thème de la famille est également très présent, autant dans l’intrigue qu’en symboles. Les liens familiaux du narrateur le tiennent et le définissent, et en partant, il tente de s’en défaire. Enfin, la religion, à laquelle le narrateur ne semble pas prêter attention, mais qui est évoquée de manière crescendo tout au long du roman.
J’ai particulièrement aimé la deuxième partie du roman, celle où le narrateur trouve ses réponses auprès du moine cinéphile du monastère. La première partie du roman, que constitue le voyage, est parsemée de questionnements démultipliés et de l’humour acerbe du narrateur, tandis que la seconde partie est plus profonde, et en même temps plus simple. Il est délicieux de voir le narrateur s’épanouir de plus en plus, abandonnant son détachement, mais non pas son humour, et accepter le symbolisme poétique grandissant qui semble envahir sa vie.

« Nous progressons lentement à l’intérieur vers le choeur où le soleil va apparaître, rouge orangé, au point du jour. Peu à peu la lumière délicate se fraie un passage à travers les vitraux, comme un léger voile de coton blanc qui se déploie dans l’église. Ma fille est immobile, à califourchon sur mes épaules. Je mets la main en visière et plonge le regard dans l’aveuglante clarté. C’est alors que je la vois, tout en haut, dans le vitrail du choeur, la rose pourpre à huit pétales, à l’instant précis où le premier rayon transperce la corolle et vient se poser sur la joue de l’enfant. »

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