Être ici est une splendeur- Marie Darrieussecq

Être ici est une splendeur est un roman de Marie Darrieussecq sur la vie de la peintre allemande du début du XXe siècle, Paula Modersohn-Becker. Ce n’est pas un roman qu’on pourrait cantonner à la catégorie biographie, car c’est surtout une réflexion libre sur la vie d’une femme exceptionnelle, menant à beaucoup d’autres sujets autour, notamment sur la condition féminine, les femmes artistes, l’art avant-gardiste, etc., le tout avec une plume très poétique.

J’ai découvert Paula Modersohn-Becker dans l’exposition monographique qui lui était consacrée il y a environ 3 ans au musée d’art moderne de la ville de Paris, et elle n’a plus jamais quitté mon petit cœur d’historienne de l’art ❤️. Cette femme dont l’œuvre et la vie irradient d’une simplicité lumineuse, et qui est malheureusement morte en couche à l’âge de 31 ans, reste assez mystérieuse, car malgré la richesse de sa correspondance on ne saura jamais ce que serait devenue son œuvre si elle avait vécu plus longtemps. Par ailleurs elle fut la première artiste à avoir un musée entièrement consacré à son œuvre, à Brème, dans sa région. La France, qu’elle adorait, la redécouvre peu à peu, notamment grâce à ce livre de Marie Darrieussecq. Car bien qu’elle ait entièrement eu sa place dans la vie artistique de l’époque, son destin tragique l’a privée d’une postérité plus que méritée. Aujourd’hui, c’est une tâche admirable à laquelle s’attelle Marie Darrieussecq en la faisant sortir de l’ombre et de l’oubli.

« L’horreur est là avec la splendeur, n’éludons pas, l’horreur de cette histoire, si une vie est une histoire: mourir à trente et un ans avec une œuvre devant soi et un bébé de dix-huit jours. »

C’est un petit roman assez court, mais dans un espace restreint (aussi restreint que la vie de Paula Modersohn-Becker), l’auteure parvient à faire renaître une vie entière, d’une très grande profondeur, et en même temps légère et simple. Ce livre est tout simplement bouleversant. En le refermant, la première pensée que j’ai eu, c’est que tout le monde devrait lire ce livre.

« Elle vit une liaison avec le soleil: ainsi l’écrivait-elle à Clara juste avant leur brouille. Pas le soleil qui divise, qui brise l’image en ombres; mais le soleil qui unit les choses : bas, lourd, pensif et comme éteint. Elle peint ce soleil-là: pas d’ombre, pas d’effet. Pas de sens ajouté. Pas d’innocence perdue, pas de virginité bafouée, pas de sainte jetée aux fauves. Ni réserve ni fausse pudeur. Ni pure ni pute. Ici est une jeune fille: et déjà ces deux mots sont de trop, chargés de rêveries à la Rilke et de poésie masculine – « laissez-nous donc tranquilles ! ». »

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