La Famille- Ettore Scola

Une vie entière dans une famille italienne. La vie d’un homme traversant le XXe siècle, de la photo de famille prise lors de son baptême à une autre, plus de 70 ans plus tard, pour son anniversaire et ce qui sera sans doute sa dernière photo de famille. Voilà ce que nous propose Ettore Scola dans ce très beau film italien de 1987.

Carlo naît en 1906. Toute sa famille habite alors dans un grand appartement de Rome, que lui-même ne quittera jamais. Le film se déroule en huis-clos, aucune scène n’a lieu en dehors de l’appartement. Le destin de l’homme est intrinsèquement lié à sa maison. On y suit donc la vie de Carlo, par bribes, comme des souvenirs que lui évoquent les différentes pièces de la maison. On y découvre son enfance, ses premiers succès, ses échecs, ses déceptions amoureuses, mais, toujours, la famille qui l’entoure, qui est sa raison d’être. À travers le portrait de cet homme, on voit l’évolution de la famille italienne au XXe siècle. D’abord, tous entassés les uns sur les autres, à se hurler dessus pour un oui ou pour un non, et puis, petit à petit, alors que les guerres et la politique divisent et séparent, la maison se vide peu à peu. Les nouvelles générations évoluent et les enfants n’envisagent plus de rester vivre chez leurs parents avec leur conjoint, ils voyagent et déménagent. Mais Carlo reste, avec ses souvenirs de sa mère qui chantait si bien, de ses trois tantes, dont aucune n’a pu se marier, car l’aînée n’a pas trouvé de bon parti, et qui sont restées ensemble toute leur vie. Mais aussi avec le souvenir d’Adriana, la sœur de sa femme, la belle pianiste dont il était amoureux, mais qui avait préféré garder son indépendance.

En dehors de cette vie et de cette famille, l’Histoire se déroule, tout change, et, pourtant, pas tant que ça. Les nouvelles du monde entrent dans la maison par bribes, et la famille tente de les laisser à l’écart. La séparation opérée par la porte et les fenêtres est souvent transgressée par des sons, par la neige, par un regard méditatif de l’intérieur vers l’extérieur.

Magnifiquement porté par un casting comme on n’en fait plus (Vittorio Gassman, Fanny Ardant, Philippe Noiret, et beaucoup d’autres), La Famille nous fait monter les larmes aux yeux sans même qu’on sache pourquoi, par sa profonde mélancolie et son humanité, sans doute.

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