On connaît la chanson- Alain Resnais

Jaoui et Bacri dans un comédie loufoque où les personnages chantent en play-back de vieilles chansons françaises pour exprimer leurs émotions. Et on adore.

Agnès Jaoui y incarne Camille, une jeune femme qui fait des visites guidées de Paris et écrit une thèse sur « les chevaliers-paysans de l’an 1000 au lac de Paladru »… Elle rencontre Marc, un agent immobilier séducteur et malhonnête mais pour qui elle se prend de compassion, et qui devient son petit ami. Pendant ce temps, sa sœur Odile, qui tache de se montrer forte en toute occasion, se bat pour faire tenir à elle seule son mariage, son travail, son futur appartement, et semble guettée par le craquage. Parallèlement, Jean-Pierre Bacri incarne Nicolas, un ami d’Odile qui cherche un appartement pour emménager avec sa femme (Jane Birkin, soit dit en passant), et ne semble pas très bien savoir ce qu’il veut. On retrouve avec bonheur son personnage cynique, exaspéré et exaspérant, et pourtant irrésistible.

Le duo drôle et cynique nous emporte une fois de plus dans un univers impalpable, vintage, drôle, mélancolique. On ne sait plus très bien où se termine la blague et où commence la dépression. Car c’est bien de dépression qu’il est finalement question dans ce film. De son irruption dans un quotidien banal et tranquille. Mais, comme c’est bien souvent le cas avec le cinéma, c’est en nous parlant de dépression qu’on nous en guérit, comme si on nous mettait un doudou dans les bras, et que celui-ci absorbait notre tristesse. La dépression qui touche les personnages de Jaoui et Bacri – qui, comme souvent dans leurs films, ne s’apprécient pas du tout, mais finissent par se rendre compte qu’ils ont tout en commun – n’est révélée qu’à la fin du film, et est traitée avec beaucoup de dérision. En fait, tous les personnages de ce film semblent avoir le même problème, avec des nuances et des degrés de variation. C’est une réplique d’Agnès Jaoui à la fin du film qui fait résonner le point commun entre personnages: « Moi qui veut toujours faire croire que je maîtrise tout et que tout va bien, ben là, c’est raté… ».

Le casting est au top, avec, aux côtés de Jaoui et Bacri, Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Jane Birkin et André Dussolier. L’ambiance est presque celle d’une Amélie Poulain parodique, avec un Paris pas toujours romantique, et une mélancolie tournée en dérision, d’ailleurs, les deux films sont de la même année.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s