Eternal Sunshine of the Spotless Mind- Michel Gondry

« How happy is the blameless Vestal’s lot ! 

The world forgetting, by the world forgot.

Eternal sunshine of the spotless mind ! 

Each prayer accepted and each wish resigned… »

Cet extrait de poème d’Alexander Pope, cité par le personnage de Kirsten Dunst dans le film de Michel Gondry, révèle à lui seul l’enjeu du film. En français, on peut traduire ça par :

« Que le sort de l’irréprochable vestale est heureux !

Le monde oubliant, par le monde oublié ;

Éclat éternel de l’esprit immaculé !

Chaque prière exaucée, et chaque souhait décliné…»

Est-ce qu’il vaut mieux se souvenir et souffrir, ou bien tout oublier, être insensible et intouchable, et par là, se retirer du monde ? Voilà le sujet de ce très beau film. S’il est possible de sélectionner ses souvenirs, de contrôler sa mémoire, quels choix sont pertinents, quelles sont les limites ?

Jim Carrey et Kate Winslet portent ce film à mi-chemin entre rêve et science fiction. Ils incarnent Joel et Clementine, un couple qui s’aime, malgré les différences et les disputes. Après une dispute particulièrement violente, Joel rend visite à Clementine sur son lieu de travail pour se faire pardonner, mais celle-ci ne semble pas le connaître, et a un autre homme dans sa vie. Dans la colère et l’incompréhension, Joel finit par apprendre la vérité: une clinique spécialisée dans l’effacement des souvenirs a rayé Joel de la mémoire de Clementine, à la demande de cette dernière. Sous le coup de la colère, Joel demande à recevoir la même opération. Très vite, mais déjà trop tard, il regrette cette décision, et lutte de toutes ses forces pour garder Clementine en vie dans son esprit, en la cachant dans ses souvenirs. L’opération dure une nuit, au cours de laquelle s’enchevêtrent souvenirs réels, souvenirs modifiés, et scènes de la vie réelle, des membres de la clinique, qui, en pratiquant l’opération, commencent à douter du bien-être qu’ils apportent à leurs patients.

C’est un film délicat, onirique, mélancolique et unique. Tout d’abord, une certaine froideur et une fatalité se dégagent du film, une sensation d’être coupé du monde, coupé de sa propre vie, puis, beaucoup d’espoir. Tout au long du film, les larmes nous montent aux yeux très facilement, et on en ressort forcément en ayant l’impression d’avoir appris quelque chose.

 

 

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