Alexandre le Bienheureux- Yves Robert

« C’est le moment. » J’avais hâte de vous parler d’Alexandre le Bienheureux, qui est un de mes films préférés. Un film qui fait rire, réfléchir et qui est magnifiquement porté par Philippe Noiret, un des meilleurs acteurs de tous les temps, à mon avis, et Marlène Jobert, si chère à mon cœur parce qu’enfant, je l’écoutais me raconter des histoires.

Sorti en 1968, Alexandre le Bienheureux, c’est l’histoire d’Alexandre, un paysan costaud mené à la baguette par sa femme qui lui interdit de prendre le moindre bon temps, arguant qu’il doit exploiter chaque instant libre pour travailler et rentabiliser sa ferme au maximum. Sauf qu’Alexandre n’en peut plus. Lui, il s’en fiche pas mal de gagner plus d’argent que nécessaire. Ce qu’il veut, c’est faire des parties de billard avec ses copains, jouer du trombone dans la fanfare, observer les oiseaux, s’amuser avec son chien, et, surtout, dormir. Le jour où sa femme meurt dans un accident de voiture (qui n’a rien à voir avec lui, je précise), Alexandre se met à réfléchir: et si c’était le moment ? Le moment de dormir. À partir de ce moment-là, Alexandre dort, il ne quitte plus son lit, il invente un système pour ne jamais avoir à quitter son lit, et envoie son chien faire les courses. Il est heureux. Sauf qu’au village, ça ne passe pas, ce que fait Alexandre c’est une révolution, ça n’a pas de sens, c’est inacceptable. Tous ses vieux copains décident de mener une guerre sans merci pour faire sortir Alexandre de son lit. Quelque chose les dérange profondément dans l’idée de ne rien faire. Ils finissent par y parvenir, mais, là encore, Alexandre ne retourne pas au travail, il préfère aller à la pêche, faire la sieste dans les foins, prendre du bon temps.

Je ne vous dévoilerai pas la fin du film, mais il y a une leçon importante à en tirer, qui résonne particulièrement avec les événements de 1968, mais qui pourrait nous être profitable encore aujourd’hui. C’est l’importance de profiter de la vie, au lieu de travailler sans relâche. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. C’est surtout une critique de la société de consommation, où l’homme ressent le besoin de s’exploiter lui-même, comme si, dans l’ère industrielle, l’humanité avait perdu l’un des derniers fils qui la rattachaient à la vie réelle, au profit de l’argent, de la production de masse, de la consommation. Il est heureux que le film soit situé dans une sorte d’éden perdu, une campagne ensoleillée, avec de magnifiques paysages, qui permettent aux travailleurs de se rappeler qu’il y a une vie en-dehors du travail, ce qui n’est pas le cas dans les paysages industriels urbains. Visuellement, le film regorge de vie, de nature et de lumière, mais les sons y ont aussi une grande importance: les voix des acteurs sont presque légendaires, et semblent sorties d’un ancien temps (ce qui est presque le cas, d’ailleurs), et la musique de Vladimir Cosma, chantée par Isabelle Aubret pourrait rendre le sourire à n’importe qui, je pense, au moins pour quelques instants. Et c’est bien là l’intérêt de ce film, ça nous donne le sourire, ça nous rend notre humanité, ça nous donne envie de faire la sieste, de ne plus travailler, d’aller courir dans les champs de blé, et d’oublier tout le reste.

« L’oiseau dans la clairière, la clairière bleu

Siffle pour moi les jours heureux

Sa chanson plane là-haut dans le ciel

Entre la terre et le soleil.

Couchée sur l’herbe tendre pour l’entendre mieux

J’invente un monde merveilleux

Un monde où je serais tout à la fois

La terre le ciel et l’eau pour toi. »

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