Manhattan- Woody Allen

Manhattan n’est peut-être pas mon film préféré de Woody Allen, mais c’est sans aucun doute son film le plus emblématique. J’ai toujours en tête sa première scène, qui est indéniablement un grand moment de cinéma: le paysage de New-York sous toutes ses coutures, en noir et blanc avec Rhapsody in blue de Gershwin, et le personnage de Woody Allen cherchant ses mots pour déclarer son amour à sa ville. Ou encore cette fameuse scène représentée sur l’affiche, avec Woody Allen et Diane Keaton assis sur un banc au bord de l’East River devant le Pont de Brooklyn, contemplant Manhattan sur l’autre rive, dans la nuit. Manhattan fait partie de ses films dont le souvenir prend à la gorge, qui sans trop en faire, dégagent une certaine poésie.

Woody Allen y incarne un juif new-yorkais névrosé, divorcé deux fois, perdu dans ses questionnements sur l’amour et sur la vie. Tandis qu’il vit une relation qu’il refuse de prendre au sérieux avec une jeune fille de 17 ans, il voit le couple de ses deux meilleurs amis s’effriter sous les coups de la liaison de son meilleur ami avec Diane Keaton. Avant d’avoir fini de se questionner sur la nature étrange des relations humaines, il se retrouve embarqué dans une relation amoureuse plus qu’incertaine avec la maitresse de son meilleur ami.

Ce qui marque dans ces relations dépeintes par Woody Allen, c’est d’abord l’éternelle auto-critique dont il fait preuve, jouant l’homme indécis et aveugle. Même si l’objet du film est en partie de nous montrer l’égoïsme de la nature humaine, il adoucit tout de même son propos en mettant en lumière des personnages plus tendres, comme sa jeune compagne, interprétée divinement par Marielle Hemingway. D’ailleurs, comme souvent dans l’œuvre du cinéaste, son personnage se fait discret pour laisser la place à des acteurs, et beaucoup d’actrices, comme ce fut le cas pour Mia Farrow, qui dans beaucoup de ses films, occupe pratiquement toute la place (Une autre femme, Alice, etc.), ou plus récemment pour Scarlett Johansson, Emma Stone ou Elle Fanning. Ici, ce sont trois actrices qui laissent éclater leur talent: Diane Keaton, bien sûr, mais aussi Marielle Hemingway, et, à plus petite dose, mais ses scènes sont notables, Meryl Streep.

Woody Allen est le porte-parole des amoureux de New-York, dont j’avoue faire partie. Si la ville peut être à double tranchant (généralement, soit on l’adore soit on la déteste), le réalisateur n’hésite pas à redoubler de formules emphatiques à son égard, non sans ironie, mais en faisant ça il touche à l’essence et au paradoxe qu’est New-York: une ville qu’on aime pour ses défauts, son histoire souvent sombre, sa démesure, qui font d’elle un symbole, alors même qu’elle est totalement unique.

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