Le mot du dimanche soir #2: Relire ou ne pas relire ?

Dans ma vie de lectrice, j’ai toujours été du genre assoiffée de nouveautés, toujours avec le besoin de découvrir de nouveaux récits, de lire tout ce qui doit être lu. Terminer un roman que je découvre pour la première fois me donne l’impression d’avoir accompli quelque chose, ou même d’avoir ajouté une ligne à mon CV de lectrice… Quand on est pris par la fièvre littéraire, il est facile de se laisser entraîner, et de tomber dans une course contre soi-même. Et même si nos intentions sont louables, on perd de vue le bonheur de la lecture, le plaisir de savourer lentement un texte qui nous transporte. Dans mon cas, la fièvre s’essouffle au bout de quelques mois, et je tombe alors en panne de lecture. À ce moment là, j’ai toujours l’impression de devoir repartir à zéro, ré-apprendre à lire.

Dans ces moments, j’ai toujours une envie de revenir aux textes qui m’ont construites en tant que lectrice: Harry Potter, Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent, Quatre sœurs, Les Quatre filles du Docteur March, Agatha Christie, Le Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates… Je me sentais retenue en arrière par ce besoin d’explorer tout ce qu’il me restait à explorer, et j’avais peur, pour je ne sais trop quelle raison, que relire ces romans ne s’apparente à une perte de temps, un retour en arrière qui remettrait en question l’évolution de mes goûts. Quoi qu’il en soit, je me qui récemment laissée tenter, et j’ai entamé une relecture de Harry Potter, et j’ai immédiatement retrouvé les raisons qui font que j’aime lire. C’est un tel plaisir de trépigner d’impatience en attendant de retrouver son livre le soir, de dévorer le prochain chapitre, d’être incapable de lâcher son livre alors même l’approche de la fin nous fait déjà ressentir un pincement de nostalgie…

Donc même s’il est toujours bon de se plonger dans la frénésie de la lecture nouvelle, de toujours vouloir en découvrir davantage, il est également bon de savoir ralentir et simplement savourer, revenir à l’essence-même de ce qu’est la lecture avec des livres qui nous ont profondément touchés, et qu’on retrouve comme de vieux compagnons de route, familiers à la manière d’un film préféré, ou d’un restaurant fétiche. Sans nous laisser coincés en arrière comme le regard d’Orphée vers Eurydice, la relecture peut, au bon moment, être la piqûre de rappel nécessaire pour mieux reprendre le fil de ses découvertes.

Une réflexion sur “Le mot du dimanche soir #2: Relire ou ne pas relire ?

  1. Oui je trouve cela très juste. J’aime actuellement relire des livres dans de nouvelles traductions. Par exemple 1984 dans la nouvelle traduction de Josée Kanoun ou bien encore relire premier amour de Tourgueniev que j’avais lu dans la traduction de Hoffmann datant de 1947 ! La langue évolue et c’est passionnant de le constater. On redécouvre ces textes fameux !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s