Qui a tué le chat ?- Luigi Comencini

Une comédie italienne loufoque et absurde dans toute sa splendeur ! Un frère et une sœur qui ne se supportent pas ont hérité d’un immeuble rempli de locataires, dont ils veulent à tout prix se débarrasser pour vendre l’immeuble, devenir riches et vivre loin l’un de l’autre. Seulement, les locataires sont coriaces, et entre la femme fatale, la mafia et le prêtre, les deux anti-héros doivent tenir bon pour vider l’immeuble, et ils sont prêts à jouer avec le feu. Imaginez tout ça avec en fond une musique d’Ennio Morricone, et Michel Galabru dans le rôle du policier mené en bateau par les deux voyous. Le titre du film vient de l’obsession des deux propriétaires, qui poussent le vice jusqu’à se réjouir de retrouver leur chat assassiné par un de leurs locataires (car, comment pourrait-il en être autrement ?, tous les locataires les détestent), leur permettant ainsi d’expulser le coupable (un de moins !). C’est à partir du meurtre du chat que tout va s’accélérer, que l’immeuble va se vider de plus en plus pour ne laisser que les plus complexes. Alors, qui a tué le chat ? Ce qui m’amène à une autre question: qui a tué le cinéma italien ?

Si je connais mal le cinéma italien, chaque découverte que j’en fais attise un peu plus ma curiosité. J’ai, à chaque fois, l’impression de contempler une œuvre d’art très désuète, quelque chose qui a mérité son heure de gloire, mais qu’on ne saurait plus comment recevoir aujourd’hui. D’où est-ce que ça vient ? Est-ce que les blockbusters américains ont achevé de nous laver le cerveau, désormais incapable d’apprécier un cinéma différent ? Sommes-nous complètement formatés ? Ou bien devons-nous simplement faire l’effort d’aller déterrer par nous-mêmes ces vestiges du passé ? Et surtout: le cinéma a-t-il opéré une mutation définitive ? Est-ce la fin du cinéma artistique ? Ou est-ce que nous reviendrons un jour aux beaux films ? Par beaux films, j’entends le cinéma d’art, celui qui existe sans viser un public, mais qui possède une esthétique, une pâte, une réflexion. Un cinéma qui va au-delà du divertissement. Car, même si je suis la première à me jeter sur les films de divertissement, il me paraît impossible de ne vivre que de ça. Nous avons encore besoin des beaux films.

Le cinéma italien me paraît être une victime flagrante de ce phénomène, c’est pourquoi je suis en pleine quête de vieux films italiens. C’est au cinéma Le Champo que j’ai eu la possibilité de découvrir ce film, un vieux cinéma d’arts et d’essai près du boulevard Saint-Michel à Paris, où on joue souvent des vieux films oubliés, beaucoup d’italiens, mais aussi du cinéma japonais, et bien d’autres.

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