Marine bleue, Effet de vague de Georges Lacombe

Marine bleue effet de vague georges lacombeS’il y a bien une chose qui me manque en ce moment, c’est la mer. Pour moi, il n’y a rien de plus apaisant que le cycle infini des vagues qui viennent se briser en écume jusqu’à nos pieds, pour ensuite se reformer, et ainsi de suite. Ce que j’aime le plus, c’est quand la ligne d’horizon se brouille et qu’on ne trouve plus la démarcation entre l’eau et le ciel. Dans un paysage marin, il y a tout. Toutes les ressources nécessaires pour être apaisé. Évidemment, avec le bruit des vagues et du vent et l’odeur du sel marin, c’est encore mieux, mais, pour l’instant, il faudra se contenter de cette Marine bleue, effet de vague de Georges Lacombe, et c’est déjà bien assez.

Ce que l’on voit, c’est tout simplement une vague qui, atteignant le bord de l’eau, est en train de se changer en écume, en venant presque jusqu’à nous. Derrière la vague, la mer est calme et régulière, d’un bleu saphir très pur. Et au-dessus, le ciel fait des nuances de bleus plus clairs, des nuages roses comme des moutons passant tranquillement au coucher du soleil. La vague, elle, est transfigurée. Alors que la perspective placée légèrement au-dessus nous donne envie d’y plonger, on dirait qu’elle est en train de se transformer. À gauche, l’écume est si mousseuse qu’on ne sait pas si elle est en train de se détacher pour aller rejoindre les nuages ou si ce sont les nuages qui sont descendus pour accompagner la vague dans sa course. Ou encore, si elle est en train de devenir une créature mythologique. Ses volutes m’évoquent un dragon ou un serpent de mer. Et dans la partie droite de la vague, celle qui ne s’est pas encore enroulée sur elle-même, les rayons du soleil ont déposé des motifs, comme ceux d’une queue de paon. Cette vague unique, figée à jamais dans cette posture évoque ainsi un bijou Art Nouveau. Aussi vivante qu’un animal libéré, on l’imagine sculptée, tant on peut sentir son relief.

La Vague Camille ClaudelEn effet, cette œuvre est issue de la période Nabie de Lacombe, les Nabis étant un groupe symboliste du XIXème siècle dont la préoccupation était de schématiser les formes et de peindre par aplats de couleurs pour laisser la spiritualité envahir l’œuvre, et suggérer à l’imagination des formes au-delà de la réalité. Mais cette peinture, à la dimension décorative au sens où elle vise surtout à embellir le quotidien, fait aussi écho à la sculpture et aux bijoux Art Nouveau, les héritiers des Nabis. Elle rappelle particulièrement la Vague de Camille Claudel, artiste inclassable mais dont on pourrait qualifier certaines sculptures d’Art Nouveau tant elles sont avant-gardistes. Sa Vague ressemble bel et bien à une créature vivante, sur le point d’avaler les trois baigneuses imprudentes. Dans les deux exemples, la vague représente notre pensée, la pensée humaine, incessante, parfois ruminante et dévorante, parfois sublimée.

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